“L’art et la vie” est la très récente mise à jour d’un ancien texte de Thibault Isabel.

Dans “L’art et la vie”, Thibault Isabel apportera sa réponse à la question de “l’art pour l’art”. Entre l’Art considéré comme fermé sur lui-même, perché à des hauteurs inaccessibles, coupé du monde, et l’art au service de la communication d’une entreprise ou d’un parti politique, y a-t-il quelque chose d’autre que l’art pourrait servir, et par lequel sa réussite et sa valeur pourraient être estimées? Le risque est de courir mettre l’art au service, cette fois, d’un meilleur “maître” que l’entreprise, la publicité, voire la religion, et tant d’autres. Rien ne changerait réellement, l’art aurait un autre maître, et il serait toujours esclave, éloigné de lui-même. Le “vitalisme” est la réponse que proposera Thibault Isabel. Il faudrait savoir ce que ce terme recouvre exactement, dans un autre texte peut-être. Les qualificatifs qui l’accompagnent ici (déclin, élévation, adjuvant, psychologique, stimulant…) font penser à l’art-thérapie, qui nous “aide à vivre”. Peut-être est-ce là la plus haute destination de l’art, en effet, au service de quelque chose qui lui est extérieur, la thérapie: sa dernière maladie?

“Si l’art n’a plus de transcendance, demande l’auteur, quel critère adopter pour juger de la qualité des œuvres ?” …Et pourquoi pas des critères artistiques? Cela ne couperait pas pour autant l’art du monde… La sociologie est très en rapport avec le monde, on ne juge pas la sociologie sur des critères psychologiques, pas plus que sur des critères musicaux. On ne juge pas non plus l’informatique sur des critères historiques, bien qu’on puisse faire une histoire de l’informatique (qui est de l’histoire, non de l’informatique). On pourrait de même considérer chaque discipline comme un point de vue sur la réalité, un langage complet en soi, autonome, qui porte sur le même sujet, le réel, à sa manière spécifique, et chaque discipline prise à part gagnerait sans doute à respecter la spécificité des autres disciplines, dans le regard que chacune d’entre elles porte sur le monde, et leur capacité à s’évaluer par elles-mêmes, à interroger leur aptitude à créer, sur le mode rigoureux qui leur est propre et dont elles seules connaissent vraiment la pratique. L’art-thérapie (thérapie de l’individu autant que de la société) sera, il est effectivement et comme le conclut l’auteur, salutaire de le rappeler, si l’on doit mettre l’art au service d’autre chose que l’art, le plus beau service qu’il puisse rendre - mais l’art-thérapie n’est pas de l’art, c’est de la thérapie!

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L’art et la vie

 

Depuis le XVIII siècle, et sous l’influence notamment de Baumgarten et de Kant, l’esthétique envisage les œuvres comme des formes en-soi qu’il s’agirait d’étudier pour elles-mêmes. Cette conviction repose sur une certaine transcendance de l’art, qui échapperait ainsi à toute détermination extérieure. « L’art pour l’art » : le slogan a fait son chemin. Pour la plupart d’entre nous, en effet, l’intérêt d’une œuvre ne saurait se réduire à une finalité pratique. L’œuvre n’a pas à être légitimée ; et elle n’a pas non plus, dans cette perspective, à être utile, ou bonne à quelque chose. Comme les morales ultramondaines et déontologiques, elle provient à sa manière du ciel des idées ; elle est à elle-même sa propre justification.

Qu’il soit permis ici de défendre une thèse opposée. L’art, comme toute réalité, est inscrit dans le monde ; il est en relation avec lui. Il est non seulement le produit hétéronome d’une Altérité qui le dépasse, mais il a en retour un impact sur le substrat à partir duquel il émerge. L’art est l’expression d’une dynamique. Que cette dynamique soit positive, et c’est le signe que la civilisation s’élève ; qu’elle soit négative, et c’est un signe de déclin.

La réhabilitation d’une esthétique vitaliste aurait plusieurs mérites. D’une part, elle permettrait de battre en brèche la thèse idéaliste d’une essentialité de l’art, comme si toute œuvre disposait d’une objectivité autarcique, close sur elle-même. Elle permettrait aussi de distinguer l’acte de création d’un simple agencement rationnel de formes, en même temps qu’elle distinguerait l’attitude spectatorielle d’une austère et froide contemplation. (A en croire la Critique de la faculté de juger, la plénitude que l’on éprouve à la vue d’un beau corps dénudé, dans une peinture de Michel-Ange, par exemple, ne devrait rien aux pulsions sexuelles !)

Mais une esthétique vitaliste aurait encore un autre avantage. Au XXe siècle, on a vu apparaître de nouvelles conceptions de l’art, qui nient l’autonomie des œuvres et cherchent à les envisager comme des produits de la psychologie individuelle, voire éventuellement de tendances sociales, économiques ou idéologiques. La psychanalyse et les cultural studies constituent quelques exemples de ces champs disciplinaires. Sans pour autant remettre en cause leur démarche, qui peut s’avérer bénéfique, nous devons du moins en repérer les risques : lorsqu’on met l’art en relation avec le monde extérieur, il devient en effet difficile d’éviter l’écueil du relativisme. Si l’art n’a plus de transcendance, quel critère adopter pour juger de la qualité des œuvres ? Tout est en passe de se trouver nivelé : le chef-d’œuvre ne se distingue plus de l’immondice, et Guerre et paix se trouve ravalé au même rang qu’un roman commercial…

Le nivellement des valeurs n’est toutefois pas une fatalité : même si l’on renonce à évaluer l’art pour lui-même, du point de vue d’une essence esthétique coupée du monde, on peut encore assujettir le processus artistique à une finalité pratique extérieure, qui lui apporterait son sens. Cette finalité pourrait être celle, hédoniste, de l’agrément ; une œuvre flatte nos sens ou les heurte. Mais on se situe bien près alors du degré zéro de l’art, de son rabaissement au rang d’un divertissement barbare. Cette finalité pourrait être aussi celle de l’utilité : l’art se mettra par exemple au service de la vulgarisation historique ou scientifique, voire d’un combat politique. Mais l’utile n’est sans doute pas ce à quoi l’art peut aspirer de mieux.

Le vitalisme, pour sa part, enseigne une autre vérité : au-delà de l’agréable et de l’utile, il y a le bon. Celui-ci n’est autre, au plan psychologique, que la capacité à s’enthousiasmer, à s’émerveiller et à éprouver de la joie. Peut-être est-ce là en définitive la plus haute destination de l’art, qui devient alors un adjuvant à la sagesse : nous rendre meilleurs, et plus heureux. L’art, disait Nietzsche, est le grand stimulant qui nous aide à vivre. A l’heure où la littérature de gare remplace le théâtre tragique et la poésie, il est sans doute salutaire de le rappeler.

 

Texte © Thibault Isabel

www.thibaultisabel.com
 

Banksy: Boston & Cambridge 2010 from Greg Shea on Vimeo.

Cannabis (joint), ecstasy, héroïne, cocaïne, crack, antidouleurs, rétaline, LSD, cristal meth, psychotropes, alcool, drogues par inhalation, etc. etc., sur tous ces sujets l’association “Non à la drogue” vous propose sur son site des livrets d’information aussi concrets que complets, ni des tracts ni des encyclopédies, juste l’essentiel à connaître, drogue par drogue, et à télécharger gratuitement à cette adresse:

www.nonaladrogue.org/FR/P_Drogue.php

La campagne d’information “Non à la drogue, oui à la vie” est parrainée par l’Eglise de Scientologie, signataire du programme anti-drogues de la Commission Européenne:

Site officiel de l’Action européenne sur la drogue (EAD)

 

Cette campagne est décrite par Eric Roux sur son blog comme “la plus grosse campagne internationale de prévention sur les dangers des drogues”. Egalement en partenariat officiel avec l’ONU; on trouvera d’ailleurs sur le même blog (ici) les photos de la Journée internationale de prévention anti-drogue de l’ONU à laquelle, dans les rues de Paris, l’association “Non à la drogue” avait participé en juin 2010.

Seuls points améliorables: 1) pourquoi aucun livret sur la simple cigarette pourtant remplie d’une collection impressionnante de substances pharmaceutiques toxiques? 2) à cause du poids (et de la qualité) des photos, les livrets de 20 ou 30Mo sont un peu longs à télécharger. Une fois le lien cliqué, ne pas perdre patience devant l’écran blanc sur lequel, dans quelques dizaines de secondes maximum (pour une connexion moyenne), le livret choisi va s’afficher.

Mais l’attente vaut la peine!

Mark Ryden

March 20, 2011 | by | Leave a Comment

What can a very contemporary crazy minded artist paint using old-school ultra-classical figurative techniques? Mark Ryden (from Los Angeles) is a painter as Stephen King is a writer, so much that he could very adequatly make the cover of his books. Old style & modern mind are pushed in his works at extreme quality and articulation, as nobody else can do it.

 

www.markryden.com

 

Picture © Mark Ryden

Nothing special – yet – to say about this gallery-to-rent in Cork Street, but the window is go(o)d…

www.gallery27.com

Photo © Premier Art Spaces

Schemes Gallery

March 11, 2011 | by | Leave a Comment

Established more than thirty years ago by Jean-François Parmentier, the Schemes Gallery has been entirely renovated by Didier Dewulf to become today the biggest art gallery north of Paris.

In there you’ll find the greatest figurative painters in the region, the ‘onirics’ and ‘symbolists’ whose drawing is sometimes much more refined – but no pure ‘abstract’; a few major sculptors, and also some very nice authentic wooden Indian furniture, at amazing prices (directly imported by the gallery).

Welcoming families as well as collectors (whatever their budget or experience might be) or just ordinary tourists and curious, you’ll be warmly received by the Schemes Gallery and will get the best advice from its staff.

The Schemes Gallery is located at 27 rue de l’Hôpital Militaire in Lille.

Open from Wednesday to Saturday 1pm-6:30pm.

Underground station: République.

(->Map)

Sunday blues & dernier jour de vacances!
Sunday blues & last day of holidays! in Lille…

Astronaut.mp3

(≈ 6 Mo)

© mp3 : Media Lounge
(Brookline MA, USA)