En un repérage (sur place) d’une journée, le 26 juillet 2011, nous avons pu établir la liste actuelle des galeries de Lille. Le repérage étant rapide, des erreurs et omissions ne sont pas impossibles, mais c’est très certainement aujourd’hui la liste la plus à jour de toutes celles qu’on trouve sur le net.

Nous avons volontairement distingué les ‘galeries d’art’ des ‘galeries d’artistes’ (ou ‘ateliers-galeries’) qui sont les ateliers des artistes aménagés de toutes les façons possibles en ‘galeries’, mais qui n’ont pas la même démarche et qui n’intéresseront donc pas le même type de public. Le site internet n’est indiqué que s’il fonctionne et s’il a du contenu.

Nous n’avons pas mis ni les galeries ‘en ligne’ (associatives ou autres, avec ou sans expos ponctuelles) ni les structures nébuleuses qui sont à la fois loueur / vendeur d’oeuvres d’art + labo de tirage photo + restaurateur + agence de com + encadreur, qui mettent certainement trop d’énergie à combiner tout ça pour en mettre suffisamment à être une bonne vieille ‘galerie d’art’ stricto sensu.

 

GALERIES D’ART

  • Art Shop Concept, Centre Commercial Euralille 1er niveau, 59777 Euralille www.artshopconcept.com
  • Galerie Artop, 83 rue de la Monnaie, 59800 Lille www.artop.fr
  • Galerie Bacqueville, 32 rue Thiers, 59800 Lille www.galeriebacqueville.com
  • Galerie Carré d’Artistes, 83 rue Esquermoise, 59800 Lille www.carredartistes.com
  • La Galerie Collégiale, 15 rue de Seclin, 59000 Lille www.collegialedesarts.fr
  • Galerie Antoine Delerive, 8 rue Masurel, 59800 Lille www.antoinedelerive.fr
  • Galerie Alain De Vos, 283 rue Nationale, 59000 Lille www.galerie-alain-devos.com
  • Galerie Dorval, 27 Boulevard de la Liberté, 59800 Lille
  • L’Espace du Dedans, 28 rue de Gand, 59800 Lille
  • Espace Point Barre, 65 rue de la Barre, 59800 Lille
  • Galerie Geneviève Godar, 10 rue Masurel, 59800 Lille
  • Galerie d’Art Contemporain Valérie Lefebvre, 68 rue Léonard Danel, 59800 Lille
  • L’incartade, 37 rue Basse, 59800 Lille www.incartade.fr
  • Melting Art Gallery, 34 rue de la Halle, 59000 Lille www.meltingartgallery.com
  • Galerie Naclil, 67 rue de Saint André, 59800 Lille www.galerie-naclil.fr
  • New Square Gallery, 40 rue Voltaire, 59000 Lille www.newsquaregallery.com
  • La Panthère Noire, 4 rue de la Halle, 59800 Lille
  • Raison d’Art, 153 bis Boulevard de la Liberté, 59000 Lille www.raisondart.com
  • Galerie Schèmes, 27 rue de l’Hôpital Militaire, 59800 Lille
  • Galerie Frédéric Storme, 2 rue de la Halle, 59000 Lille www.galerie-storme.com
  • Galerie Jacqueline Storme, 37 avenue du Peuple Belge, 59000 Lille
  • Galerie Vasse, 76 rue Esquermoise, 59800 Lille www.vasse.com
  • Galerie du Vieux-Lille, 86 avenue du Peuple Belge, 59800 Lille www.artspi.com
  • Galerie Wazem’Art, 17 rue des Sarrazins, 59000 Lille www.wazem-art-galerie.com (unique galerie de Wazemmes!)
  • YellowKorner, 1 rue Lepelletier, 59800 Lille www.yellowkorner.com (unique galerie de photo d’art!)

 

GALERIES D’ARTISTES (et/ou ATELIERS-GALERIES)

 

     Sous le titre “Les galeries d’art”, la mairie de Lille n’affiche pas sur son site une grande proximité avec ce qu’elle y nomme avec condescendance des ”soutiens indispensables” à la création contemporaine, alors qu’on les aurait plutôt vues comme le moteur principal de cette création (avec l’Etat comme soutien). Outre qu’elle y définit comme galeries d’art “tous types de lieux” (?), ateliers-galeries, espaces de découvertes, collections… et qu’elle met en effet pêle-même dans cette liste des galeries virtuelles (et payantes pour les artistes), des associations de prêt d’oeuvres d’art, des agences de com/labo/restaurateurs (parfois tout en un), on y trouve aussi des galeries fermées depuis longtemps, et surtout on n’y trouve pas certaines des plus importantes ou des plus anciennes – même de 30 ans (la mention non exhaustive nous a prévenus, certes, mais enfin…).

La galerie “9 rue des bouchers” par exemple, première de la liste, est (aujourd’hui) quasi à l’abandon, son site web (mentionné) hors-service. L’Espace Point Barre est au 65 rue de la Barre (pourquoi 11/65? le 11 est un caviste). Son site ne fonctionne pas non plus. La Galerie Annie Wable est fermée, le site web mentionné est hors-service. La Galerie Dagart est fermée, et sauf erreur depuis longtemps à cette adresse (actuellement remplacée par ‘Anachronie’ – voir myspace.com/anachronie). On ne cite ni la galerie Vasse, ni Schèmes, ni Carré d’Artistes, ni la Galerie du Vieux-Lille (!!). On cite des galeries d’artistes (ateliers-galeries en général) mais 2 sur 10 environ…

C’est une situation parallèle que l’on retrouve en pleine rue, où la guerre des affiches fait rage… En parfois moins d’une heure, les affiches d’expo des galeries d’art sont recouvertes par des affiches d’expos publiques, les premières fonctionnant avec des fonds (très) limités, le public avec des fonds quasi-illimités (mais parfois entrée payante!), provenant des impôts et donc, entre autres, du produit des galeries d’art elles-mêmes! Au lieu d’encourager l’initiative privée, l’Etat l’étouffe, avec des ressources qui ne proviennent que d’elle. Ici, de part son statut et ses moyens, la liste de galeries de la mairie de Lille se retouve facilement tout en haut des résultats de recherches concernant les galeries d’art à Lille, et les renseignements fournis sont incroyablement inexacts voire totalement périmés ou (involontairement) trompeurs. Ce qui n’améliore pas la visibilité des acteurs privés de l’art, dont le soutien devrait être presque la seule préoccupation des services publics. Au final on se retrouve avec une politique culturelle publique qui se dresse contre le privé et prétend apporter la ‘Culture’ à une population considérée comme absolument spectatrice et passive.

Alors qu’une simple liste de galeries n’est pas mise à jour ou simplement vérifiée, et que la mairie n’a pas encore pris conscience de l’existence à Lille de galeries qui y travaillent depuis plusieurs décennies, Martine Aubry (selon l’Express) “promet un milliard d’euros et 10 000 emplois à la culture”. Serait-ce suffisant pour tenir à jour ce modeste annuaire d’une page? On en doute, car ce n’est pas la direction choisie. Si c’était le moins du monde dans les intentions du socialisme de soutenir l’initiative privée, cette page serait complète et à jour depuis longtemps. Ce sera un milliard d’euros et 10 000 emplois CONTRE la culture; la culture est populaire, ou elle n’est rien.

Il nous a fallu quant à nous une journée, une seule, pour parcourir les rues de Lille et proposer un annuaire actuel des galeries d’art de Lille. Prochain post!

Jeune sculpteur de Lille pleine de talent et d’avenir, on ne trouve en ligne - à notre connaissance - les créations de Fanny Leurent qu’à cette adresse:

Fanny Leurent par Florent Mayaud

Florent Mayaud a été le premier photographe à avoir eu le privilège de réaliser les photos des sculptures de Fanny Leurent, pour sa première exposition ‘grand public’ fin 2010 chez BMV & Associés, cabinet de recrutement à Lille. Des photos dont la qualité reflète fidèlement celle des sculptures, preuve que le choix du photographe était le bon. C’est d’ailleurs à cette période que celui-ci décidait de se professionnaliser comme photographe indépendant à plein temps.

Dans l’expo chez BMV, on trouvait à la fois des sculptures académiques, de petit format, réalisées par Fanny Leurent dans les ateliers qu’elle avait fréquentés comme élève, et ses sculptures actuelles, de bien plus grande taille, qui témoignent de l’éclatement et de l’affirmation au grand jour de sa créativité personnelle. Des petits modelages classiques de corps humains entiers, l’artiste est passée aux très gros plans sur des parties de corps, des expressions, des visages et des bustes, ou bien des personnages encore entiers mais dotés cette fois d’un caractère expressif exceptionnel, et parfois construits en trois dimensions sur la base d’une simple image minutieusement sélectionnée. C’est certainement par ailleurs dans cette faculté à rendre en 3D une simple image, que réside l’intérêt des cours de sculpture classique sur modèle vivant suivis par l’artiste pendant des années!

Les rares photos consultables ne donnent envie que d’en voir plus, et à ce titre elles sont doublement réussies. Non seulement pour le travail du photographe qui révèle les sculptures en les mettant ‘en scène’ pour les faire parler, mais elles nous donnent également envie de savoir ce que l’artiste nous réserve de surprises, quelle sera la prochaine étape, et quelles seront les nouvelles pierres à qui elle donnera la vie sur son chemin enchanté…!

 

Photo © Florent Mayaud
Sculptures de Fanny Leurent

Le texte qui suit n’est pas en soi une condamnation de l’imitation, de la figuration, au profit de l’abstraction et de l’improvisation, l’auteur citant comme exemple d’artiste le peintre de portrait… L’artisan planifie, et exécute ensuite son projet; l’artiste n’a pas d’idée préconçue, il progresse par petites touches, dans le brouillard, et donne forme à une création qu’il n’avait pas conçue avant de la réaliser. On peut réaliser un portrait, ou un paysage, sans être ‘artisan’ dans ce sens. Si l’on veut distinguer artisan et artiste d’une manière claire, à la façon pédagogique d’un dictionnaire ou du Système des Beaux-Arts d’où le texte est tiré, on s’arrêtera là. Il s’agit de dire dans quel sens va l’artiste, et dans quel sens va l’artisan, leur méthode et leur orientation.

Il reste que la ‘spécificité’ de l’art est clairement caractérisée dans ce texte même comme la renonciation à décider avant d’agir. D’abord prendre possession ou connaissance de la matière ou du support de création, sans préjugé, et ensuite les modeler en introduisant la décision dans le cours de la création, et pas avant. L’artiste est donc un ‘modeleur’, un ‘metteur en forme’ de chaos, ou de matière brute. Les seules ‘techniques’ (exigeantes elles aussi) de l’artiste, sont donc celles de l’improvisation. Il est donc fort peu probable que l’artiste se contraigne a priori à autre chose qu’à décider de peindre ou de sculpter le marbre dans son atelier, ou de le faire entre 3h et 6h de l’après-midi… Décider a priori de peindre telle ou telle scène ou d’imiter sur le papier tel paysage, ne lui est pas interdit, mais ce n’est pas là la spécificité de son art. C’est donc notre extrapolation, et l’auteur ne nous suivra pas jusque-là, mais au lieu de séparer strictement artiste et artisan, on pourrait probablement observer que l’artiste est aussi artisan, bien plus, tellement plus que “par éclairs”, et vice versa, et conclure qu’un artiste, s’il cherche à affiner sa ‘spécificité’ d’artiste, saura devenir aussi un peu plus artiste qu’il ne l’était avant. Et sur ce chemin, la figuration ne le suivra certainement pas non plus.

*

Ci-dessous, extrait du Système des Beaux-Arts

(édition en ligne – pdf – en cliquant ici )

p.28:

“Il reste à dire en quoi l’artiste diffère de l’artisan. Toutes les fois que l’idée précède et règle l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’oeuvre souvent, même dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux qu’il n’avait pensé dès qu’il essaie ; en cela il est artiste, mais par éclairs. Toujours est-il que la représentation d’une idée dans une chose, je dis même d’une idée bien définie comme le dessin d’une maison, est une oeuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une machine bien réglée d’abord ferait l’oeuvre à mille exemplaires. Pensons maintenant au travail du peintre de portrait ; il est clair qu’il ne peut avoir le projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’oeuvre qu’il commence ; l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même rigoureux de dire que l’idée lui vient ensuite, comme au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son oeuvre en train de naître. Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de la nature et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet, et ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue se montre belle au sculpteur à mesure qu’il la fait ; et le portrait naît sous le pinceau. [...] Ainsi la règle du Beau n’apparaît que dans l’oeuvre et y reste prise, en sorte qu’elle ne peut servir jamais, d’aucune manière, à faire une autre oeuvre.”

 

ALAIN (Émile Chartier)
Système des Beaux-Arts, Livre I, Chap. VII,
coll. La Pléiade, pp. 239-240

“It has been established by now, it would seem, that the irreducibility of pictorial art consists in but two constitutive conventions or norms: flatness and the delimitation of flatness. In other words, the observance of merely these two norms is enough to create an object which can be experienced as a picture: thus a stretched or tacked-up canvas already exists as a picture – though not necessarily as a successful one.”

Clement Greenberg, “After Abstract Expressionism” (1962)

« Vendredi, les parents ont pu venir admirer le travail de l’année des élèves en arts plastiques. Depuis novembre, les enfants ont passé près de 100 heures avec Éric Bourdon, artiste lillois, pour conjuguer arts plastiques et développement durable. L’idée ? Partir d’un gribouillis spontané et lui donner petit à petit un aspect plus figuratif avec de la peinture mais aussi en utilisant du papier, du carton… »     M. G. (CLP)

Extrait de La Voix du Nord – Villeneuve d’Ascq – 29 juin 2011


 
The latest voice work tonic by Greg Shea with AgencyPJA, and producer Noah Lydiard, for a TE Connectivity worldwide re-branding video.

www.agencypja.com

www.te.com

La galerie Schèmes fait d’une pierre deux coups et joint l’utile à l’agréable. Spécialisée en peintures, et en meubles indiens authentiques, elle a demandé à quelques-uns de ses artistes de peindre les meubles en teck, importés d’Inde par la galerie elle-même, pour proposer dès aujourd’hui des pièces uniques, qu’elle présente en vitrine.

Eric Bourdon a ainsi designé une table basse dans le style ludique propre à ses toiles. Une table énigmatique appelée la table des “5 K sociaux”. A chacun des 4 tiroirs, ainsi qu’au plateau, ont été assignés des mots commençant par la lettre K (Koiktami, Koukilé, Kikicé…), posant chacun des ‘K-estions’ sociales (objet, lieu, personne, etc.), comme un jeu de Cluedo qui organisera la répartition des futurs objets à ranger dans les tiroirs, en fonction de leur nature. Un répertoire d’adresses se rangera par exemple dans le tiroir ‘Koukilé’, une liste de tâches à faire dans le tiroir ‘Keskifé’…

 

CLAUDIA (Claudia Porcu) présente quant à elle (photo ci-dessous) deux consoles peintes à sa façon inimitable, sensuelle, féminine, chic, qu’on pourra placer facilement dans un intérieur élégant.

A droite de la vitrine, sous une toile du même artiste, une console peinte par Frédéric Roubaud, d’où se dégage une sensation de mystère ou d’ésotérisme graphique, sombre et captivant, qu’on verra bien mieux en galerie que sur notre photo.

 

Bref, 3 ambiances très différentes pour des meubles peints à la main par des artistes locaux, ce qui est extrêmement rare sur le marché du mobilier qui depuis longtemps ne tolère plus que les séries industrielles, et les semblants de pièces uniques à grand tirage.

De plus, les 4 meubles aujourd’hui en vitrine devraient se compléter de quelques autres très prochainement, outre les pièces plus classiques de la galerie, peintes à la main par des artisans indiens.

L’occasion rêvée de s’offrir un meuble et une oeuvre d’art d’un coup d’un seul!

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La Galerie Schèmes est au 27 rue de l’Hôpital Militaire à Lille.

Ouverte du mercredi au samedi de 13h à 18h30.

Métro: République.

(->Plan)


 

Wire @ the Middle East Downstairs, in Cambridge, MA
April 3, 2011
Opening tune, Red Barked Tree Tour 2011

www.pinkflag.com

Video © MEDIALOUNGE
(Brookline MA, USA)

Si l’on en croit le reportage de BFM TV (mis en ligne le 20 mai: http://youtu.be/3CpvMrjVhtg), la fortune du couple DSK-Sinclair, en grande partie due à l’héritage du grand-père d’Anne Sinclair, le marchand d’art Paul Rosenberg, peut être estimée à 50 millions de dollars. Si l’on estime d’autre part avec beaucoup d’optimisme la ‘fortune’ d’une femme de chambre immigrée vivant dans le Bronx, à 500 dollars, le socialiste DSK disposerait donc de 100 000 fois plus de moyens financiers que sa victime présumée. Les deux ‘fortunes’ représentées comparativement sur un graphique, celle de la femme de chambre ne serait pas visible même à la loupe… Alors victime ou manipulatrice? DSK coupable ou innocent? La morale, à la base de ces considérations, est censée en principe harmoniser les différences dans le cadre de la vie en société, pour faire qu’au-delà de ces différences, chacun respecte chacun, que personne n’abuse de personne, et que tout le monde reconnaisse tout le monde comme faisant partie d’un même groupe, d’une société. Mais quand on arrive à des écarts de niveau de vie qui dépassent la caricature, 100 000 fois, ne revient-on pas de fait à une situation d’état de nature, où personne n’a plus de lien avec personne, où tout se développe d’une manière anarchique, hyper-individualisée, sans la moindre trace de limite? La morale, dans ce cas, n’est plus qu’un outil pour protéger le statu quo d’une ex-société qui n’est plus qu’une jungle, et imposer autoritairement aux plus faibles et aux plus naïfs de servir le plus fort… Dans ce cadre, qui n’a plus rien d’un cadre, il n’y aurait ni culpabilité ni innocence ni victime ni rien d’autre, mais tout serait permis au loup affamé pour s’en prendre à celui qui le ventre plein possède encore 600 vaches, pour peu qu’au moment opportun lui-même possède juste un peu de force, de cruauté, d’audace ou d’intelligence…

 

Peut-être une infime trace de générosité dans l’oeuvre de Nietzsche, sa vision de l’art, ou plutôt un malentendu de plus? Don joyeux et entier de soi, ou tout à l’inverse vidange d’un trop-plein de fausse “puissance” égoïste? Nous restons sceptiques… Le commentaire est engageant, mais le vocabulaire utilisé est invariablement révélateur, obsessionnellement biologique. D’un extrême à l’autre, comme toujours avec Nietzsche, c’est une question d’interprétation…

*

 

Extrait de “Le Champ du Possible”, Thibault Isabel, La Méduse, Lille, 2005

pp 322-323:

 

“(…) En établissant qu’une œuvre échappe toujours partiellement à la volonté consciente de son auteur, Nietzsche suggère que la physio­logie de l’art a justement pour tâche de révéler l’état psychologique inconscient qui a présidé à la création, ce que relève très bien Patrick Wotling : « La physiologie de l’art (…) voit ainsi dans l’œuvre d’art un langage, un texte ; mais ce texte n’exprime pas les inten­tions conscientes, ni la volonté libre de l’artiste, il est constitué à partir de son univers infra-conscient, et exprime les besoins fonda­mentaux de ses instincts et de ses affects. » [1]

A partir de là, Nietzsche pourra développer une véritable géné­alogie de la création et évaluer les productions culturelles à l’aune du rapport qu’elles entretiennent avec la vie : « Tout art, toute philo­sophie, peuvent être considérés comme des remèdes et des secours au service de la vie en croissance et en lutte : ils supposent toujours des souffrances et des souffrants. Mais il y a deux sortes de souf­frants ; d’abord ceux qui souffrent de la surabondance de vie, qui veulent un art dionysien et aussi une vision et une compré­hension tragiques de la vie – et ensuite ceux qui souffrent d’un appauvris­sement de la vie, qui demandent à l’art et à la philosophie le calme, le silence, une mer lisse, la délivrance de soi, ou bien encore l’iv­resse, les convulsions, la folie. » [2]

Nietzsche formule encore ce critère d’évaluation sous cette forme : « A l’égard de toutes les valeurs esthétiques, je me sers maintenant de cette distinction : “Est-ce la faim ou bien l’abondance qui est devenue créatrice ?” » [3] Le philosophe oppose donc la créa­tion par excès d’énergie, de vie, de puissance, à la création par manque. Dans le premier cas, le créateur se libère du trop-plein qu’il contient en lui ; sa plénitude est telle qu’il ne peut s’empêcher de prodiguer dans l’œuvre une partie de sa joie . Dans le second, il tente de combler son insatisfaction et de soulager ses désirs frus­trés. Et tandis que l’artiste sain exprime sa reconnaissance envers le monde et les hommes, l’artiste décadent ne cherche qu’une forme d’apaisement. L’art devient seulement pour lui un narcotique puis­sant, destiné à endormir les sens et à protéger l’esprit contre les épreuves du réel.

La méthode utilisée par Nietzsche en vue d’évaluer les œuvres s’apparente bien, au final, à un diagnostic de type médical, puisqu’il s’agit véritablement de déterminer la santé psychologique et instinc­tuelle dont témoignent les créations. Mais cette évaluation est également morale, en tant qu’elle prétend mettre en évidence le rapport de l’artiste à la vie, et, par là même, révéler le fond de son attitude face au monde, le caractère intime de son ethos. Au demeurant, psychologie et morale sont indissolublement liées. En effet, l’épanouissement d’un individu dépend, pour une bonne part, des valeurs qu’il se forge ; et, réciproquement, les valeurs qu’il se forge dépendent de son degré d’épanouissement. (…)”

 

1. Patrick Wotling, Nietzsche et le problème de la civilisation, op. cit., II, 3.

2. Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir, op. cit., V, § 270.

3. Ibid.

 

Texte © La Méduse, Lille

www.thibaultisabel.com

 

  • Les entreprises et la fiscalité

Bien souvent les entreprises ne connaissent pas leurs droits concernant l’acquisition d’oeuvres originales d’artistes vivants et exposées au public.

Une entreprise qui investit dans l’art et expose ses acquisitions peut effectuer des déductions fiscales sur le résultat de l’exercice d’acquisition et sur les quatres années suivantes.

Article 238 Bis AB du Code Général des Impôts (CGI) :

L’entreprise peut dans la limite de 3,25 pour 1000 de son chiffre d’affaires, déduire le prix d’une œuvre acquise de ses bénéfices imposables par tranches annuelles égales pendant cinq ans.

En contre-partie de cette déduction fiscale, l’entreprise doit présenter l’œuvre acquise au public.

  • Acquisition d’oeuvres d’art

L’article 238 bis AB du code général des impôts, issu de l’article 7 de la loi du 23 juillet 1987 prévoit que les entreprises faisant l’acquisition d’oeuvres originales d’artistes vivants, peuvent déduire dans certaines conditions, une somme égale au prix d’acquisition des oeuvres concernées.

Cette déduction qui est pratiquée par fractions égales pendant cinq ans au titre de l’exercice d’acquisition et des quatre années suivantes ne peut excéder au titre de chaque exercice la limite de 3,25 pour mille du chiffre d’affaires, minorée du total des déductions mentionnées à l’article 238 bis AA du CGI, et doit être affectée à un compte de réserve spéciale figurant au passif du bilan.

En contrepartie de cette déduction fiscale, l’entreprise doit présenter l’œuvre acquise au public.

  • Exonération à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF)

Les oeuvres d’art ne sont pas assujetties à l’ISF. Dans cette mesure, elles ne sont pas mentionnées dans la déclaration de l’ISF et les montants consacrés à l’acquisition sont non imposables. Cette disposition fiscale, applicable aussi bien aux peintures, dessins, gouaches, aquarelles qu’aux sculptures et aux bronzes, en fait un parfait outil de déplafonnement de l’ISF. (Source: Culture.gouv.fr)

 


Eric Bourdon creates new and attractive characters in just a few improvised strokes, in a pop style, symbolic and full of emotions, colours and joy.

A work that will interest as much the old as it will please the young, with these comic paintings and very sharp acrylic colors.

The Schemes Gallery in Lille, France, represents Eric Bourdon since more than ten years, and Bicha Gallery has begun to show his works in London and internationally.

 

The Schemes Gallery is located at 27 rue de l’Hôpital Militaire in Lille.

Open from Wednesday to Saturday 1pm-6:30pm.

Underground station: République.

(->Map)

 

www.ericbourdon.com

 

Image © Eric Bourdon
#262 ‘Apricot’, 81x65cm, acrylic on linen, painting from Schemes Gallery

Le Stade de France n’était pas le seul temple du football hier soir. Au moment où Lille jouait la finale de la Coupe de France, c’est à la Maison Folie de Wazemmes qu’Antoine Defoort et Julien Fournet rejouaient leur installation-spectacle “CHEVAL”. Un spectacle présenté comme un “traité abstrait du ricochet”, et où rebondissent du début à la fin ballons de foot et quelques balles de tennis dans tous les sens.

Rebondir, pour une balle c’est être lancée, toucher, et repartir. Entre l’action du lancement et la contemplation de son éloignement, il y a le contact, donc le son. Si le rebondissement est au centre du spectacle, la musique est au centre du rebondissement. C’est l’action du lanceur qui révèle le son, la note qui se crée naturellement lorsque le choc a lieu, et vibre encore dix secondes plus tard. Tout est naturel dans ce spectacle. Y compris le panneau sur lequel les ballons sont lancés, et qui assigne à chaque note une image différente, un paysage naturel singulier qui correspond visuellement à la vibration musicale.

Par le truchement du rebond, Antoine Defoort fait donc ressortir la musique, le son, de la nature, il en extrait les différentes notes, une à une, et en indique toutes les correspondances possibles avec la réalité la plus commune. Comme avec ces commentaires sportifs des journalistes de RMC pendant le match France-Espagne du mondial de foot 2006, qui sont très représentatifs de l’installation dans son ensemble. On entend les commentateurs surexcités parler à toute vitesse des derniers mouvements sur le terrain avec la voix réglée sur un accord continu de fa dièse…! D’autres accords habituellement sous-représentés en musique se retrouvent dans la vie de tous les jours, le bruit du frigo, de la clim, etc… Vers la fin ces commentaires sportifs seront repris, mêlés à toute une fanfare de notes de toutes provenances, mais ils seront repris encore plus accélérés que la version RMC! Pour vous faire comprendre encore moins bien le contenu factuel des commentaires, et encore mieux le type d’accord musical qu’ils expriment.

Bref, dans ce spectacle déroutant, parfois difficile à comprendre (il s’agit d’un spectacle de facture non-linéaire, pas ’classique’, et d’un spectacle contemporain qui utilise aussi sans vergogne les nombreuses ressources techniques de son époque), l’incompréhension n’est qu’au premier plan, on ne vous embrouille que pour vous faire comprendre, entendre, ce qui est sous vos yeux, ou plutôt dans vos oreilles, d’une manière quotidienne, permanente, banale, triviale, et auquel vous ne portez plus attention. Pour vous montrer au final, que la ‘musique’ est plus riche que ce qu’on appelle couramment la musique, que les accords existants sont bien plus nombreux que ceux utilisés par l’industrie musicale, et que la musique, la grande musique, a pour origine la vie, le quotidien, l’anecdote, la nature et l’univers tout entier.

D’une manière surprenante, peu de différences à noter entre le spectacle d’hier et la vidéo du même spectacle, en octobre 2009, disponible sur le site web d’Antoine Defoort! Hormis bien sûr que rien ne vaut la 3D et le réel, toujours… et la suite presque ininterrompue de rires, aussi, qui traverse comme un fil tendu toute la prestation, et que la vidéo citée, focalisée sur la scène, ne restituait qu’en partie… Ainsi que toute une collection d’améliorations presque indescriptibles liées à la spontanéité et à la totale confiance en eux des interprètes. Beaucoup d’ajustements en finesse, des pauses plus longues, également, à certains moments bien choisis, qui appuient le comique des scènes. Un splendide (!) travail corporel du comédien, tout en exagération drolatique, lorsqu’au début 5 ballons sont amenés, disposés en forme pyramidale, et posés sur scène en évitant que la pyramide ne s’effondre…

A part ces multiples bonus, excellents mais attendus pour une pièce qui tourne depuis 2007, rien de radical. CHEVAL, avec surprise et délice, est resté un fidèle animal; un spectacle pourtant ancré dans le réel, la nature, qui semble même improvisé, et qui fait en permanence référence au bricolage, aux dispositifs techniques à l’humeur oscillante… Cerise sur le gâteau, on voit même avec amusement, comme énième petite différence sympathique, Antoine Defoort s’étonner (il semble, pour la première et seule fois, légèrement déstabilisé) lorsqu’à la descente d’un panneau mural il n’y a, cette fois… pas(!) de problème technique! On aurait donc pu attendre de CHEVAL, qu’il se tranforme de représentation en représentation, qu’il évolue plus rapidement qu’aucun autre spectacle. Mais CHEVAL ne serait plus CHEVAL… Alors confusion ou pas, il fallait quand même contenir la pièce dans des bornes précises, pour éviter qu’elle ne se perde. Une bonne confusion n’est-elle pas une confusion contrôlée? Et en l’occurence contrôlée à merveille! Le sens qu’elle apporte est le sens que nous avons l’habitude de ne pas voir, sentir ou entendre, ou les trois à la fois, car au-delà de la musique CHEVAL a un sens plus universel, un peu celui de regarder le réel sous un autre angle, d’un autre lieu, pour voir à quel point il est riche, à quel point nous nous en nourrissons et nous en sommes toujours nourris, et à quel point nous passons, presque quotidiennement, juste à côté.

Le site web d’Antoine Defoort: http://entuenedufard.be/

La vidéo réalisée par Arte Live Web pour le festival Temps d’images le 10 octobre 2009 :


 

Bonjour,

Créateur d’images (photos présentes dans les collections de nombreux musées français), auteur de livres et conférencier sur l’image, je vous présente un ouvrage intitulé Regard sur l’image que j’ai écrit et partiellement illustré. Préfacé par Peter Knapp, ancien directeur artistique de Elle, son sujet, les liens entre l’image et le réel, place Regard sur l’image dans le prolongement des débats sur la loi Boyer et au cœur des débats sur la retouche des photos de presse et la nécessité de fournir les fichiers sources.

Cependant, au-delà de la question de la photographie, cet ouvrage abondamment illustré aborde les liens de l’image sous toutes ses formes (peinture, cinéma, internet…) avec le réel. Il parle aussi de ce moment particulier : la naissance de la perspective et sa place dans la constitution de cette image réaliste inventée par l’Occident. Outre la perception culturelle de l’image, avec le fonctionnement de notre œil cet ouvrage aborde aussi cette question sous le point de vue de la perception visuelle.

cordialement

Hervé Bernard

Regard sur l’image, le livre:
http://www.regard-sur-limage.com/spip.php?rubrique9


Laurence Helleboid exposera ses peintures et sculptures ce week-end, Galerie Sailly, chez elle à Villeneuve d’Ascq. Entrée gratuite.

La galerie Gilbert Sailly de La Ferme Dupire

Samedi 7 et Dimanche 8 MAI 2011

De 14h00 à 19h00

+ Vernissage le Samedi 7 à partir de 19h00

80, rue Yves Decugis – 59650 Villeneuve d’Ascq

(Métro Triolo) 07 77 38 41 74

 

Affiche de l’expo (fichier pdf)

www.laurencehelleboid.com

 

Image: © Laurence Helleboid

Authentic blues from Brighton, Massachusetts, USA: a quick promotional piece by Greg Shea for Erin Harpe and the Delta Swingers, back to January 28, 2011.

www.erinharpe.com/home.cfm?feature=202666&postid=723191

www.erinharpe.com

 

Le blog de l’ ‘Association d’Aide aux Victimes des Adfi’ (AAVA) a repris depuis février ses publications d’articles pour montrer une autre face des auto-proclamées ‘Associations de Défense de la Famille et de l’Individu’ (ADFI) que celle affichée par ces ADFI (ou par l’UNADFI, qui est l’Union Nationale des ADFI).

L’UNADFI, dont l’objet officiel est “l’information sur le phénomène sectaire, la prévention et l’aide aux victimes”, était subventionnée en 2006 à 97,14% (source: l’Observatoire des Subventions). Alors que le Guide des associations (2006) de la Documentation française indique qu’en pratique, pour une association reconnue d’utilité publique (comme l’est l’UNADFI depuis 1996), «les cotisations de ses membres et éventuellement les produits dégagés par son activité doivent en principe représenter la moitié de son budget ; ses ressources ne doivent pas dépendre majoritairement de subventions publiques.» L’Observatoire des Subventions avait donc épinglé l’UNADFI, “association” d’Etat, en 2009 dans son article: L’UNADFI n’est pas sectaire avec l’argent public au sujet de la question qui l’intéresse, les subventions abusives. Egalement dans celui-ci: UNADFI : l’association antisectes vit de l’argent du contribuable. Quant à l’AAVA, sans éluder cette question, elle s’intéresse aux ADFI d’un point de vue plus général, et d’un point de vue humain, celui des victimes.

L’écrivain et éditorialiste Louis Pauwels, en 1996, avait déjà signalé les dérives de l’ADFI dans le Figaro, sous le titre: ”Sectes: l’esprit d’inquisition”:

“Depuis 1975, se sont instaurées des associations anti-sectes qui accusent globalement leurs adversaires de déstructurer les individus et de menacer les familles. La plus virulente d’entre elles est l’ADFI (Association pour la Défense de la Famille et de l’Individu). Elle catalyse, sinon promeut des attaques contre les groupes spirituels non conformes. J’apprends qu’elle s’inspire d’un courant de la psychiatrie américaine visant à la normalisation de la société par la destruction des nouvelles religions. [...] Cette guerre contre les sectes réveille l’esprit d’inquisition et s’apparente dans bien des cas aux procès en sorcellerie où la rumeur tenait lieu de preuve. Il suffit désormais d’accuser un groupe marginal de captation de la personnalité et manipulation mentale pour qu’il se trouve rangé au nombre des sectes, et, par là même, mobiliser contre lui l’opinion générale. Cette nouvelle chasse aux sorcières bénéficie des subsides de l’État, et, sauf exceptions, du soutien sans réflexion des médias.” (Le Figaro du 24 octobre 1996)

L’article avait fait l’objet d’une attaque pour diffamation de la part de l’UNADFI, que le Tribunal de Grande Instance de Paris, le 12 décembre 1997, avait débouté de son action en notant qu’il s’agissait de la part du journaliste, d’ “une mise en garde contre les excès pouvant porter atteinte à la liberté de pensée et d’expression, ainsi qu’un appel à la tolérance dans la légalité.”

Ce sont pourtant des avis très proches que formulait en 2006 Janine Tavernier, membre de l’UNADFI dès 1984, et présidente de l’UNADFI de 1993 jusqu’à sa démission en 2001 (donc à la tête de l’UNADFI en 1997 lors du procès contre le Figaro!):

“J’ai présidé l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi, principale association antisectes) de 1993 à 2001. Lorsque j’y suis entrée, en 1984, l’association ne s’occupait ni des croyances ni des philosophies, mais simplement des personnes. J’ai toujours eu pour principe : on laisse nos croyances au vestiaire, on s’intéresse aux faits. […] L’association a été fondée par des personnes d’origine catholique, mais ouvertes. J’ai souhaité qu’on aille vers davantage d’ouverture. Petit à petit, beaucoup de francs-maçons sont entrés dans l’Unadfi, lui donnant une coloration qu’elle n’avait pas à l’origine. L’association avait été fondée par des familles touchées dans leur entourage par le phénomène sectaire. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle s’est politisée. […] En 2001, je sentais qu’on s’engageait dans une chasse aux sorcières. Plusieurs dérapages ont eu lieu. […] Aujourd’hui, on ne sait plus où l’on en est. Si des travaux sérieux avaient été entrepris, on y verrait plus clair. […]” Le Monde / Propos recueillis par Xavier Ternisien (Vendredi 17 novembre 2006)

“[…] Ce flou, cette imprécision, font qu’aujourd’hui on est plongé dans la confusion la plus totale. Les choses étant ce qu’elles sont, certains voient des sectes partout. [...] J’ai toujours été sensible aux risques de dérapage que les ADFI elles-mêmes auraient pu commettre. […] Assurément, on assiste depuis quelque temps en France à une dérive qui met en danger la liberté de croyance, ce que je condamne. […] il est temps que la France se ressaisisse dans la lutte qu’il faut mener contre de tels groupes, car sous prétexte de cette lutte légitime, certains combattent les croyances religieuses, spirituelles et philosophiques.” Préface à l’ouvrage de Serge Toussaint, “Secte” sur ordonnance (2006)

L’AAVA – Association d’Aide aux Victimes des ADFI, parle du point de vue des victimes, donc les contribuables, mais aussi tous les autres.

http://aava.blogspirit.com/

 

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© David Miège pour le dessin.

Voir: www.les4verites.com

Sorti le 26 mars, le Chti 2011 fait comme les années précédentes sa revue des galeries lilloises. Fidèles reflets de la raréfaction des galeries d’art majeures à Lille, les quelques pages du guide consacrées aux galeries d’art ne listent plus cette année que 10 galeries… Tabernac! le Chti 2010 vient de s’envoler par la fenêtre, nous consultons la seule cuvée 2009 qu’il nous reste, la liste était de 15. Dernier grand roc à rester en place sans ciller, la Galerie Schèmes a su se transformer par elle-même, se renouveler tout en gardant son cachet. Malgré l’habitude de brièveté descriptive du Chti, on nous liste quand même les quelques artistes majeurs de cette institution nordiste (c’est d’ailleurs la seule galerie dont on cite les noms de plusieurs artistes, la seule aussi à bénéficier d’un gros coeur en fond, pas placé là par hasard…):

Galerie Schèmes
Se démarquant des autres par sa brillante ancienneté, la galerie Schèmes expose différents artistes contemporains dans le style figuratif et surréaliste. Fief du peintre Dailly, on y trouve également Bisch, Bourdon, Laruelle… Le chef des lieux propose aussi des meubles importés d’Inde, qui iront à merveille dans des salons de goût.
Carte Chti: 10% de remise

(nous avons souligné)

Jean-Claude Dailly, Denis Bisch et Eric Bourdon font déjà l’objet de posts sur ce blog, et de catégories à leur nom, seul manquait Hugo Laruelle dont voici la photo d’une oeuvre à l’entrée de la galerie en début de mois (bien d’autres se trouvent à l’intérieur, accrochées aux murs ou empilées pas très loin, selon l’humeur du jour!):

De ravissantes femmes aux allures faussement bourgeoises, jusqu’aux beaux mâles citadins, Hugo Laruelle fait parcourir à toute une collection de silhouettes plus énigmatiques encore l’espace de villes ténébreuses transpercées par des lueurs ocres et dorées. Difficile de dire que la toile ci-dessus est représentative de sa production. L’artiste fait souvent des plans bien plus serrés sur ses personnages, sur leur visage ou sur leur peau, avec une grande habileté technique, allez le vérifier par vous-même sur son site:

www.hugolaruelle.fr

 

Peinture centrale: © Hugo Laruelle,
photo prise à la Galerie Schèmes en avril 2011

et bien sûr: www.lechti.com pour… le Chti ; quelques exemplaires (gratuits) se trouvent encore à l’Office de Tourisme, place Rihour…

Du nouveau dans le paysage artistique Lillois ! Créé par Anissa et Dimitri, deux Lillois passionnés, issus du milieu du textile et de la mode et de l’univers du Street Art. Ils ont ouvert leur première boutique ART SHOP, Mardi 8 Février au 1er niveau du centre commercial Euralille.

Art Shop est une boutique de 250 m2 unique à Lille, à mi-chemin entre une galerie d’art et un concept store, regroupant 3 espaces :

- Exposition d’art urbain et contemporain

- Mode « Jeunes Créateurs »

- Dépôt vente d’objets d’art et décoration d’intérieur

Les objets et vêtements sont réalisés en pièce unique ou en série limitée. Ils sont présentés dans un aménagement évolutif où la décoration murale progresse au fil du temps selon l’univers des artistes.

Dans l’espace exposition, Art Shop propose régulièrement des vernissages afin de faire découvrir un artiste ou un collectif, qui prend possession des lieux pendant 2 mois.

La partie dépôt vente accueille plusieurs artistes qui travaillent sur divers supports : toiles, meubles ou objets, affiches, dessins encadrés, Art Toys, décoration d’intérieur… Les artistes sont régulièrement présents dans le shop pour customiser objets, casquettes, accessoires… à la demande.

En plus d’être un espace de vente c’est un véritable workshop : les créateurs sont régulièrement présents pour parler de leurs collections et proposer un service de personnalisation et de retouches au sein de cet espace.

Art Shop propose régulièrement des évènements autour de l’art et du textile au sein du mail central du centre commercial :

- Des performances artistiques et des animations participatives ont lieu le dernier samedi du mois.

- L’Art’elier qui permet aux enfants de s’initier aux pratiques créatives tous les premiers mercredis de chaque mois.

Artshop se présente donc comme un précurseur dans le domaine dans lequel il évolue, et c’est maintenant à vous qu’il appartient de venir découvrir ce nouveau concept afin de le conforter dans son activisme et de lui témoigner tout l’encouragement qu’il mérite.

http://artshopconcept.com/

Jean-Claude Dailly, c’est environ 33 ans de peinture, dont 31 années d’exposition à la Galerie Schèmes, soit autant d’années que la fameuse galerie elle-même. Premier artiste de la galerie, chronologiquement et en importance, c’est avec lui que Schèmes s’est construite, développée et maintenue.

Sa recette: des paysages ensoleillés, de Provence, de Méditerranée, réalisés au couteau avec une technique et un style imités partout mais jamais égalés (ceux d’un fils et petit-fils de peintre… reconnaissable entre tous), et une production impressionnante qui vous permet de repartir avec ‘votre Dailly’ sans vous ruiner, pour vous sentir en vacances dans votre salon toute l’année.

Pas de lien à proposer vers un site web, il n’en a pas besoin, ses toiles partent toutes seules depuis 30 ans sans interruption…

La crise? Connaît pas…

 

Peintures: © Jean-Claude Dailly

Photo du mur de Dailly à la galerie Schèmes en avril 2011.

A 20 km de Dunkerque faites un ch’ti tour au vernissage de l’exposition de Laurence Helleboid le 15 avril mêlant peinture, scultpture, bonheur, art brut, fraises des bois, soleil, illusions, amour et petits éclats de vie tout autour.

www.laurencehelleboid.com

Vernissage le vendredi 15 Avril 2011 de 18H à 20H

A l’espace culturel “La maison du Westhoek”

place Alphonse Bergerot – 59470 Esquelbecq

Invitation 15 avril 2011 (pdf) (pas obligatoire, juste pour le plaisir et la diffusion)

 

Expo du 14 au 24 avril 2011

mardi/mercredi/vendredi et samedi

10h- 12h et 15h- 18h

jeudi 10h-12h

dimanche 15h-18h

Affiche de l’expo du 14 au 24 avril (pdf)

 

Image: © Laurence Helleboid

L’”action painting” c’est la peinture projetée sur la toile avec énergie au lieu de la déposer méticuleusement avec ses petits pinceaux n°2 en poils d’écureuils du Japon. On associe spontanément ce mouvement, intéressant sur le papier, à Jackson Pollock qui a passé sa vie (ou qui a fait semblant avec un rare talent de comédien!) à démontrer que l’énergie et la spontanéité pouvaient très bien se marier avec la noirceur la plus intense et la dépression nerveuse à son stade le plus avancé…

Isabelle Pelletane c’est tout l’inverse, dans son atelier à Poitiers elle développe une forme d’”action painting” à l’acrylique sur toile ou papier, catalysée par une énergie hyper-positive qui révèle ce que ce… mouvement? …direction? …tradition? peut être, ou l’impulsion qu’il représentait, depuis le début.

La fin révélant le commencement…

www.piza-art.com

photo: Volcanik (acrylique sur toile) © Isabelle Pelletane

 

 
“L’art et la vie” est la très récente mise à jour d’un ancien texte de Thibault Isabel.

Dans “L’art et la vie”, Thibault Isabel apportera sa réponse à la question de “l’art pour l’art”. Entre l’Art considéré comme fermé sur lui-même, perché à des hauteurs inaccessibles, coupé du monde, et l’art au service de la communication d’une entreprise ou d’un parti politique, y a-t-il quelque chose d’autre que l’art pourrait servir, et par lequel sa réussite et sa valeur pourraient être estimées? Le risque est de courir mettre l’art au service, cette fois, d’un meilleur “maître” que l’entreprise, la publicité, voire la religion, et tant d’autres. Rien ne changerait réellement, l’art aurait un autre maître, et il serait toujours esclave, éloigné de lui-même. Le “vitalisme” est la réponse que proposera Thibault Isabel. Il faudrait savoir ce que ce terme recouvre exactement, dans un autre texte peut-être. Les qualificatifs qui l’accompagnent ici (déclin, élévation, adjuvant, psychologique, stimulant…) font penser à l’art-thérapie, qui nous “aide à vivre”. Peut-être est-ce là la plus haute destination de l’art, en effet, au service de quelque chose qui lui est extérieur, la thérapie: sa dernière maladie?

“Si l’art n’a plus de transcendance, demande l’auteur, quel critère adopter pour juger de la qualité des œuvres ?” …Et pourquoi pas des critères artistiques? Cela ne couperait pas pour autant l’art du monde… La sociologie est très en rapport avec le monde, on ne juge pas la sociologie sur des critères psychologiques, pas plus que sur des critères musicaux. On ne juge pas non plus l’informatique sur des critères historiques, bien qu’on puisse faire une histoire de l’informatique (qui est de l’histoire, non de l’informatique). On pourrait de même considérer chaque discipline comme un point de vue sur la réalité, un langage complet en soi, autonome, qui porte sur le même sujet, le réel, à sa manière spécifique, et chaque discipline prise à part gagnerait sans doute à respecter la spécificité des autres disciplines, dans le regard que chacune d’entre elles porte sur le monde, et leur capacité à s’évaluer par elles-mêmes, à interroger leur aptitude à créer, sur le mode rigoureux qui leur est propre et dont elles seules connaissent vraiment la pratique. L’art-thérapie (thérapie de l’individu autant que de la société) sera, il est effectivement et comme le conclut l’auteur, salutaire de le rappeler, si l’on doit mettre l’art au service d’autre chose que l’art, le plus beau service qu’il puisse rendre - mais l’art-thérapie n’est pas de l’art, c’est de la thérapie!

*

 

L’art et la vie

 

Depuis le XVIII siècle, et sous l’influence notamment de Baumgarten et de Kant, l’esthétique envisage les œuvres comme des formes en-soi qu’il s’agirait d’étudier pour elles-mêmes. Cette conviction repose sur une certaine transcendance de l’art, qui échapperait ainsi à toute détermination extérieure. « L’art pour l’art » : le slogan a fait son chemin. Pour la plupart d’entre nous, en effet, l’intérêt d’une œuvre ne saurait se réduire à une finalité pratique. L’œuvre n’a pas à être légitimée ; et elle n’a pas non plus, dans cette perspective, à être utile, ou bonne à quelque chose. Comme les morales ultramondaines et déontologiques, elle provient à sa manière du ciel des idées ; elle est à elle-même sa propre justification.

Qu’il soit permis ici de défendre une thèse opposée. L’art, comme toute réalité, est inscrit dans le monde ; il est en relation avec lui. Il est non seulement le produit hétéronome d’une Altérité qui le dépasse, mais il a en retour un impact sur le substrat à partir duquel il émerge. L’art est l’expression d’une dynamique. Que cette dynamique soit positive, et c’est le signe que la civilisation s’élève ; qu’elle soit négative, et c’est un signe de déclin.

La réhabilitation d’une esthétique vitaliste aurait plusieurs mérites. D’une part, elle permettrait de battre en brèche la thèse idéaliste d’une essentialité de l’art, comme si toute œuvre disposait d’une objectivité autarcique, close sur elle-même. Elle permettrait aussi de distinguer l’acte de création d’un simple agencement rationnel de formes, en même temps qu’elle distinguerait l’attitude spectatorielle d’une austère et froide contemplation. (A en croire la Critique de la faculté de juger, la plénitude que l’on éprouve à la vue d’un beau corps dénudé, dans une peinture de Michel-Ange, par exemple, ne devrait rien aux pulsions sexuelles !)

Mais une esthétique vitaliste aurait encore un autre avantage. Au XXe siècle, on a vu apparaître de nouvelles conceptions de l’art, qui nient l’autonomie des œuvres et cherchent à les envisager comme des produits de la psychologie individuelle, voire éventuellement de tendances sociales, économiques ou idéologiques. La psychanalyse et les cultural studies constituent quelques exemples de ces champs disciplinaires. Sans pour autant remettre en cause leur démarche, qui peut s’avérer bénéfique, nous devons du moins en repérer les risques : lorsqu’on met l’art en relation avec le monde extérieur, il devient en effet difficile d’éviter l’écueil du relativisme. Si l’art n’a plus de transcendance, quel critère adopter pour juger de la qualité des œuvres ? Tout est en passe de se trouver nivelé : le chef-d’œuvre ne se distingue plus de l’immondice, et Guerre et paix se trouve ravalé au même rang qu’un roman commercial…

Le nivellement des valeurs n’est toutefois pas une fatalité : même si l’on renonce à évaluer l’art pour lui-même, du point de vue d’une essence esthétique coupée du monde, on peut encore assujettir le processus artistique à une finalité pratique extérieure, qui lui apporterait son sens. Cette finalité pourrait être celle, hédoniste, de l’agrément ; une œuvre flatte nos sens ou les heurte. Mais on se situe bien près alors du degré zéro de l’art, de son rabaissement au rang d’un divertissement barbare. Cette finalité pourrait être aussi celle de l’utilité : l’art se mettra par exemple au service de la vulgarisation historique ou scientifique, voire d’un combat politique. Mais l’utile n’est sans doute pas ce à quoi l’art peut aspirer de mieux.

Le vitalisme, pour sa part, enseigne une autre vérité : au-delà de l’agréable et de l’utile, il y a le bon. Celui-ci n’est autre, au plan psychologique, que la capacité à s’enthousiasmer, à s’émerveiller et à éprouver de la joie. Peut-être est-ce là en définitive la plus haute destination de l’art, qui devient alors un adjuvant à la sagesse : nous rendre meilleurs, et plus heureux. L’art, disait Nietzsche, est le grand stimulant qui nous aide à vivre. A l’heure où la littérature de gare remplace le théâtre tragique et la poésie, il est sans doute salutaire de le rappeler.

 

Texte © Thibault Isabel

www.thibaultisabel.com
 

Banksy: Boston & Cambridge 2010 from Greg Shea on Vimeo.


 
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